L’après-midi s’annonçait tout à fait ordinaire. La matinée s’était écoulée selon une routine familière, presque imperceptible. J’étais occupée par les tâches ménagères quotidiennes, la machine à laver tournait et la lumière du soleil filtrait doucement à travers les fenêtres du salon. Le silence dans la maison était agréable, ce genre de silence qu’on ne connaît que lorsque les enfants sont grands et ont quitté le nid. Rien ne laissait présager que cette journée serait différente des précédentes, jusqu’à ce que mon fils m’appelle et me dise quelque chose qu’il disait rarement.
Nous nous parlions assez souvent, souvent par de rapides coups de fil entre les cours ou par un texto le week-end, mais cette conversation avait un ton différent dès la première seconde. Il ne m’a pas demandé d’aide pour ses études, il n’a mentionné aucun problème financier ou pratique, et il ne semblait même pas en colère ou frustré par le rythme effréné de la vie universitaire. Il n’y avait ni panique, ni précipitation. La ligne était étonnamment claire, ce qui me permettait de saisir chaque nuance de sa voix. Elle marqua une pause, une respiration un peu plus longue que d’habitude à cause du grésillement de la ligne, et dit doucement : « Je t’aime. » C’était tout. Pas de « à plus tard », pas de « on se reparle bientôt ».